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Comment réussir ses photos de feux d’artifice en 12 conseils !

Réussir ses photos de feux d'artifice - feu d'artifice Montélimar

Si vous faites de la photo, vous vous êtes sans doute un jour demandé comment réussir vos clichés de feux d’artifice ! Ca tombe bien, le 14 juillet, c’est aujourd’hui, et à la fin de cet article, vous aurez toutes les clés en main pour y parvenir !

Que celui qui n’a pas produit un jour de photos floues, trop sombres ou au contraire trop claires lors d’un feu d’artifice me jette la première pierre ! Il est vrai, l’exercice est de prime abord techniquement délicat, mêlant nuit noire et éclairages explosifs. De quoi faire perdre la tête à un appareil photo, comme à son propriétaire ! Mais avec quelques règles à respecter, il n’est pas bien difficile de parvenir au résultat que vous voyez ci-dessus.

Comme pour toute recette, commençons par la liste des ingrédients. Vous pensiez qu’il fallait un appareil de pro ? Première erreur ! Un réflex, même d’entrée de gamme, suffira amplement. Le secret réside dans le prolongement naturel du photographe de paysage : un trépied ! Car autant le dire de suite, c’est grâce à la pose longue que vous parviendrez à « figer » l’action et les lieux, en évitant tout flou. Et… c’est tout pour les ingrédients. Enfin, presque, vous le verrez par la suite. Donc allons-y pour les conseils :

– Conseil n°1 : arrimez solidement votre appareil sur un trépied que vous poserez sur un endroit stable, et si possible, à l’abri des mouvements de foule.

– Conseil n°2 : vissez un objectif grand angle ou ultra-grand angle sur votre appareil. Les feux d’artifice partent haut dans le ciel, alors si vous voulez éviter de les couper tout en conservant un premier plan (voir conseil suivant !), il vous faut cadrer large.

– Conseil n°3 : le cadrage ! Après avoir estimé la hauteur des feux à venir, essayez d’inclure dans votre composition un premier plan. Généralement vous aurez la foule, mais aussi un monument emblématique, un pont, des arbres ou autre. Ce sera vital pour donner de la profondeur à votre image. Et au passage, cela permettra la localisation de votre feu d’artifice par rapport à un énième cliché de gerbe dans un ciel noir, qui pourrait être pris n’importe où. Respectez les règles de base (les tiers, etc.) et si la lune est avec vous, elle peut-être un plus pour votre photo. Autre chose d’important à savoir : les appareils ont un mal fou à faire le point dans l’obscurité. Pour éviter que votre Autofocus ne patine, calez le sur un point lumineux assez proche du lieu d’où seront mises à feu les fusées (lampadaire, fenêtre ou monument éclairé, etc.). Une fois le point fait, désactivez l’autofocus sur votre objectif en poussant le curseur A/M vers M. Ainsi, l’appareil gardera en mémoire la même mise au point pour toutes les photos de votre série, sans patiner bêtement dans le vide. Bref, vous voilà en position, l’appareil stabilisé sur son trépied, l’oeil collé au viseur, le cadre défini, place maintenant à la technique !

– Conseil n°4 : si vous le pouvez, oubliez le format jpeg car nous aurons besoin de latitude pour la post-production. Préférez donc le format Raw (si vous êtes possesseur de bridge ou de compact, ne désespérez pas, vous obtiendrez tout de même de très bonnes photos directement en jpeg avec ma méthode. Ce quatrième conseil ne vise qu’à obtenir un résultat encore plus satisfaisant).

– Conseil n°5 : passez votre appareil en mode manuel (M chez Nikon). Les conseils qui vont suivre seront adaptés à ce mode, même si vous pouvez obtenir un résultat similaire ou assez proche avec le mode vitesse (S chez Nikon) réglé selon le conseil n°8. Mais c’est peut-être le moment de faire le grand saut et de pousser la molette de votre réflex vers M pour la première fois ! Alors n’ayez pas peur ! 😉

– Conseil n°6 : réglez tout d’abord votre appareil sur la sensibilité 200 ISO. Pourquoi ? Parce que 100 ISO vous obligerait à un temps de pose trop long. Et que 200 ISO reste un excellent compromis en termes de qualité. Généralement, en travaillant sur trépied, on bannira donc toute sensibilité supérieure à 400 ISO, afin d’éviter la montée du bruit numérique (le grain) sur le fichier.

– Conseil n°7 : comme en photo de paysage, on aura besoin de profondeur de champ. Donc de fermer le diaphragme. Mais pas trop, car à 200 ISO, les temps de pose vont augmenter très (trop) rapidement. Un bon compromis est – avec un grand angle – une ouverture à f/6.3.

– Conseil n°8 : l’étape la plus importante des réglages, le temps de pose ! Pour capturer l’intégralité d’une gerbe, il faut prévoir son temps de montée, d’explosion et de descente. Soit approximativement une petite dizaine de secondes. Donc si vous êtes dans un endroit très sombre (c’est généralement le cas lors des feux d’artifice où on éteint même l’éclairage public pour l’occasion), poussez jusqu’à dix secondes de pause. Voire plus. Pour la photo ci-dessus, prise en 2013 à Montélimar, j’ai opté pour 13 secondes de pose. Un équilibre pour conserver du détail dans les ombres, sans cramer les hautes lumières produites par les gerbes. Petite astuce à ne pas négliger cependant : lors du bouquet final, la lumière se fait beaucoup plus intense. Je conseille alors de diviser le temps de pose par 2 ou par 3 pour optimiser l’exposition.

– Conseil n°9 : la balance des blancs. Si vous travaillez en jpeg, laissez-la en Auto. Les appareils récents se débrouillent assez bien dans ce mode, donc a priori pas de problème. Pour ceux qui bossent en Raw, je conseillerais la balance des blancs « Lumière du jour » ou « Ensoleillée ». Pourquoi ? Parce qu’elle va conserver les teintes chaudes des gerbes, mais aussi et surtout parce que vous pourrez la modifier si besoin en post-prod. L’un des nombreux avantages du format Raw !

– Conseil n°10 : c’est ma botte secrète ! Pour maximiser l’exposition, donc obtenir du détail de mon premier plan sombre tout en évitant que les gerbes se résument à un gros amas informe de pixels blancs, je vais utiliser un filtre dégradé gris neutre (http://www.patmo.net/article_24_1.htm).  Le principe en deux mots : le filtre dégradé se place devant l’objectif. Il est divisé en deux. Une partie sombre et une partie claire. Il suffit d’ajuster la partie sombre sur le ciel, généralement plus clair, pour rétablir un équilibre de lumière entre la terre (le sol, le paysage, votre premier plan) et le ciel. En gros, fini les photos de ciel tout blancs, place au détail, aux nuages et à leur texture ! Pour les feux d’artifice, le principe est le même : le ciel sera bien noir et les gerbes conserveront leurs formes, couleurs et textures, dans la limite du possible bien sûr.

– Conseil n°11 : le déclenchement ! Les lumières sont éteintes, la foule retient son souffle et vous trépignez devant votre trépied, le doigt en place sur le bouton déclencheur… Erreur ! Toucher ne serait-ce qu’à peine votre appareil risquerait de provoquer un gros flou sur votre photo. Deux solutions s’offrent alors à vous. La première : investir dans une télécommande (avec ou sans fil) pour déclencher sans toucher l’appareil. La deuxième est moins onéreuse : réglez votre appareil en mode retardateur. Appuyez sur le déclencheur de votre appareil et celui-ci prendra la photo 5 ou 10 secondes plus tard, le temps que la vibration produite par votre doigt soit totalement amortie par le boîtier et le trépied. Et voilà une photo nette !

– Conseil n°12 : la post-production. Vous voilà revenu du feu d’artifices, avec des photos bien cadrées, nettes et bien exposées. Place maintenant à la touche finale, l’optimisation sur PC de vos fichiers avant tirage. Pour ceux qui sont restés en jpeg, sachez que toute modification sur votre photo entraînera une perte de données, associée à une dégradation de votre fichier. Il vaudra donc mieux éviter les grosses retouches si vous souhaitez conserver une photo « propre ». Ceux qui auront opté pour le Raw en revanche auront tout le loisir d’ajuster leur balance des blancs, mais aussi contraste, luminosité et saturation sans vraiment perdre en qualité de rendu final. Pour ma photo de Montélimar, je ne me suis permis que deux améliorations : une amélioration du contraste et un relevage des basses lumières (ombres) pour rendre la foule et les arbres plus visibles, conformément à ce que mon oeil avait perçu ce soir-là, et que mon appareil, malgré tous les réglages énoncés ci-dessus, n’était pas parvenu à rendre totalement.

Voilà, vous savez tout, alors maintenant c’est à vous ! Gardez tout ça en tête, et surtout, prenez du plaisir ! 🙂

© Janet MOLINS

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